Solenopsis invicta, ou fourmi de feu

win_20170905_11_28_30_pro.jpgLa Fourmi rouge, d’Emilie Chazerand. Editions Sarbacane, collection Exprim’.

Vania Strudel a 15 ans, un œil qui part en vrille et une vie qui prend à peu près la même direction.
Et ce, à cause de :
– Sa mère, qui est morte quand elle avait huit ans.
– Son père, un taxidermiste farfelu.
– Pierre-Rachid, son pote de toujours, qui risque de ne plus le rester…
– Son ennemie jurée, Charlotte Kramer, la star du lycée.
– Sa rentrée en Seconde, proprement catastrophique.

Pour Vania, c’est clair : l’existence est une succession de vacheries, et elle est condamnée à n’être personne. Une fourmi parmi d’autres. Mais un soir, elle reçoit un mail anonyme, qui lui explique en détail que non, elle n’est pas une banale fourmi noire sans aspérités. Elle serait même plutôt du genre vive, colorée, piquante ! Du genre fourmi rouge…

Dans La Fourmi rouge, tout est d’apparence banale. Le pitch de départ, centré sur la vie compliquée d’une ado de 15 ans ; cette même ado, Vania Strudel, qui déteste son nom et sa vie en général ; et l’intrigue, qui semble d’abord clichée au possible. Tout est d’apparence banale, donc. Mais là où la collection Exprim’ intervient, c’est que, bien sûr, ce livre n’est pas banal. Comme tous les autres livres de cette collection, il est même particulièrement original, doté d’un petit quelque chose indéfinissable qui change tout.

Voilà pourquoi j’ai aimé ce livre. Passé le scepticisme initial, je me suis retrouvée à adorer ce livre. D’abord, il y a Vania, qui n’a absolument rien de banal, ce que l’on découvre au fil des pages, en s’attachant de plus en plus à elle. Ensuite, il y a tous les autres personnages qui gravitent autour d’elle, tout aussi originaux et passionnants. Et enfin, il y a l’intrigue. Une intrigue ? Non, plutôt une vie. Emilie Chazerand nous raconte la vie de Vania de façon réaliste et passionnante. Et le plus de ce livre, c’est qu’on y croit ! Les personnages sont si vivants qu’on a l’impression de les rencontrer vraiment.

Quant à Vania, qui fait tout l’intérêt du livre, je me suis très facilement identifiée à elle. On a tous déjà été à sa place : on est déjà rentré en Seconde, on s’est déjà ridiculisé, on s’est parfois trouvé moche ou sans intérêt. Et voilà ce qui fait la force de ce livre, et la force du message qu’il transmet. C’est un enseignement qui m’a atteinte de plein coeur, en même temps qu’il a atteint Vania. C’est un message vrai, incroyablement juste. A travers ce roman d’apparence léger et sympathique, l’auteure fournit une leçon de vie qui est particulièrement convaincante.

Un très beau roman que je suis heureuse d’avoir pu découvrir. Un grand merci aux éditions Sarbacane !

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L’autre côté du miroir

97822031022861Le Complexe du Papillon, de Annelise Heurtier. Editions Casterman, 6 avril 2016, 216 pages, 12,90€.

« J’ai ôté mes vêtements sans cesser de fixer le miroir et les larmes me sont montées aux yeux. Comment un garçon tel que Jim se laisserait séduire par si peu de grâce, de personnalité ?
Louison a tort. Aucune robe ne réussira jamais à donner l’illusion que je suis devenue papillon.
Tout simplement parce que je ne suis pas un papillon. Je suis une chenille flanquée de deux énormes cuisses. »

Tout doucement, sans s’en rendre compte, Mathilde va tenter de devenir papillon, quitte à se mettre en danger…

 

Je commencerai par remercier les éditions Casterman pour l’envoi de ce roman, car c’est avec grand plaisir que j’ai découvert Le complexe du papillon dans ma boite aux lettres l’autre jour. J’ai adoré Annelise Heurtier avec Là où naissent les nuages, et le thème de celui-ci m’avait interpelée.

Cet article ne sera pas qu’une chronique. Je vous parlerai d’abord du Complexe du Papillon, puis, à la manière de Violette dans son article sur The Danish Girl, j’utiliserai ce livre comme support pour vous parler d’un sujet plus large.

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Se sentir admirée pour pouvoir exister

ImpressionDélinquante, de Martine Pouchain. Éditions Sarbacane, 24 août 2011, 64 pages, 6€.

Tout d’abord, merci aux éditions Sarbacane pour l’envoi de ce roman !

C’est l’histoire, ou plutôt un bout de la vie, d’Edna, qui aime voler pour se sentir exister. Et puis un jour, elle rencontre un jeune photographe, et la fragile jeune fille va en être toute chamboulée.

Lorsque j’ai reçu ce livre, je ne pensais pas qu’il était si court, et j’ai eu un peu peur, parce que je trouve souvent que les nouvelles/petits romans sont trop rapides, survolent l’histoire. Délinquante n’a pas échappé à la règle, mais j’ai beaucoup aimé cependant.

Le début de l’histoire nous plonge directement dans le sujet : Edna et son obsession pour le vol. Lire la suite