Par-delà les frontières

41gfla8hzdl-_sx195_Le garçon qui courait, François-Guillaume Lorrain

Éditions Sarbacane (collection Exprim’)

Janvier 2017

288 pages

15,50€

« Quand Kee-Chung courait, il n’y avait plus de Japonais. Sous ses foulées, la terre redevenait coréenne. Il traçait de nouvelles frontières. »

D’après l’incroyable et bouleversante histoire vraie de Sohn Kee-chung, le premier Coréen à avoir remporté l’épreuve du marathon aux J.O. de Berlin, en 1936 – alors que la Corée, annexée par le Japon, n’existait plus.

Comme toujours, un grand merci aux éditions Sarbacane pour l’envoi de cette nouvelle merveilleuse lecture ! La collection Exprim’ ne cessera jamais de me surprendre, et elle se dépasse encore une fois avec ce roman historique tiré d’une histoire vraie, le premier de la collection (il me semble). Le garçon qui courait est un livre passionnant, qui nous transporte en plein cœur de la Corée des années 1920, annexée et dominée par le Japon.Le garçon qui courait, c’est l’histoire d’une vie. C’est l’histoire de Kee-Chung, de ses sept ans à ses quatre-vingt ans, racontée avec brio par François-Guillaume Lorrain. J’ignore quelle est la part de fiction de ce récit et je ne veux pas le savoir – que chaque détail soit véridique ou non, cela ne change rien à la valeur de cette histoire, à sa force, à sa beauté. Kee-Chung est un personnage extraordinaire, qui dès son plus jeune âge est prédestiné à de grandes choses. Car Kee-Chung a un talent : il court vite. Il court très vite et il aime courir, loin, longtemps.

La course est le fil directeur du roman et de la vie de Kee-Chung : c’est la raison de toutes ses décisions et de tous ses voyages. Grâce à ce fil directeur, l’auteur parvient à conter l’histoire de toute une vie de façon fluide et rythmée. Même si le personnage de Kee-Chung ne nous ressemble pas le moins du monde, on parvient à s’attacher à lui ; sous la plume de François-Guillaume Lorrain, il devient réel, vivant. On y croit, on y est, on le suit dans sa course contre la vie. L’auteur parvient à le faire revivre sous nos yeux.

Derrière l’histoire de ce garçon se cache l’histoire d’un pays. C’est l’histoire de la Corée, annexée, déchirée et oubliée après la Première Guerre mondiale. Aussi longtemps que Kee-Chung se souvienne, la Corée n’existe pas. Mais le garçon fait très bien la différence entre les Coréens et les Japonais – ces derniers sont partout, ils imposent leurs lois dans le pays annexé et mènent la vie dure aux Coréens. On découvre ces horreurs à travers les yeux de Kee-Chung, qui en comprend chaque jour un peu plus sur les réalités de son pays. Et c’est un peu honteux que l’on comprend les mêmes choses, au même moment que lui, découvrant un pan de l’histoire qui nous était jusque-là presque inconnu.

Le garçon qui courait a été une source intarissable de découvertes historiques. Nous sommes plongés dans un univers nouveau, lointain et incroyablement passionnant, qui rend le récit encore plus riche. Un dépaysement total, autant géographique que temporel, qui tranche avec nos lectures habituelles – de quoi changer d’air, découvrir, apprendre.

Et voilà pourquoi j’ai tant aimé Le garçon qui courait : pour son originalité, dans son sujet, dans son lieu, dans son époque, dans ses personnages et dans son histoire. Un roman magnifique et puissant, à lire absolument.Tic-Tac-Toe

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