La liberté souffle entre les feuilles des arbres

Je reviens aujourd’hui pour vous parler non pas d’un, mais de deux livres lus récemment. Deux livres écrits par le même auteur, publiés dans la même collection et réunissant les mêmes personnages… Il s’agit de Je suis sa fille et Les belles vies, de Benoît Minville, publiés aux éditions Sarbacane dans la collection Exprim’. Paru en 2013, le premier narre le road-trip déjanté d’une fille et de son meilleur ami, tandis que le second vient de sortir et raconte l’été inoubliable du frère de ce dernier et de son meilleur ami, quelques années plus tôt. Bref, vous l’aurez compris, deux merveilleuses histoires d’amitié qui s’entrecroisent et se complètent, et l’occasion rêvée de vous en parler dans une seule et même chronique. En commençant par le premier que j’ai lu, Je suis sa fille


je-suis-sa-fille-620x978Je suis sa fille, de Benoît Minville

Éditions Sarbacane (collection Exprim’)

4 septembre 2013

264 pages

14,90€.

C’est l’histoire de Joan, qui a été élevée par son père sur fond de hard rock et de westerns. C’est l’histoire du père de Joan, un visage de plus écrasé par le Grand Capital. C’est l’histoire de Hugo, le meilleur ami de Joan, qui décide de l’accompagner pour quand elle hurle : Il faut que ça change ! Je veux que ça s’arrête ! On va tuer le Grand Patron ! Deux ados embarqués dans un road-trip ébouriffant, sur la N7 direction Nice… Ils ne savent pas ce qui les attend. L’aventure. L’amour. Les rencontres. Fuck la crise, vive la vie.

J’ai profité de la sortie imminente des Belles vies pour combler cette lacune qui me faisait de l’œil dans le catalogue Exprim’ (oui oui, mon but est de les avoir tous lus un jour). Sans savoir vraiment de quoi il parlait, ce livre m’intéressait pour son thème. C’est vrai qu’on n’en parle pas souvent, de la crise, dans les romans ados. Si ? Alors que ce livre parle de ce non-dit, voilà ce qui m’a attirée. Que la héroïne, Joan, décide de réagir, d’aller affronter de face ce Grand Capital qui détruit son père, ça m’a plu.

Et voilà pourquoi j’ai aimé ce livre. Pour son thème original, passionnant, révoltant, et pourtant si vrai et si présent. La crise, on en est loin, mais forcément, il y a des dommages collatéraux. Ce livre m’en a fait m’en rendre compte. De beaucoup de façons, Je suis sa fille m’a ouvert les yeux sur un autre des problèmes de notre société, problème auquel je n’avais pas vraiment fait attention jusqu’à présent. Benoît Minville nous offre la possibilité de comprendre et d’appréhender la place des jeunes dans tout cela. Ce qu’on en pense, comment on réagit, comment on est censés réagir. À travers l’exemple de Joan et Hugo, deux personnages forts qui nous en mettent plein les yeux.

Car outre ce thème intéressant, on rencontre des personnages géniaux qui nous emmènent avec eux dans une aventure passionnante. Un road-trip palpitant à travers la France, qui nous met au contact de personnages et d’endroits aussi différents les uns que les autres qui nous en font voir de toutes les couleurs.

Bref, un très beau livre qui nous concerne tous, mais qui m’a cependant laissée sur ma faim. Malgré l’idée originale et l’histoire captivante, il a manqué un petit quelque chose, ce petit quelque chose qui m’aurait empêché de reposer le livre. Je ne saurais dire ce qui m’a gênée exactement dans ce livre, et la frustration n’en est que plus grande, mais malheureusement, je n’ai pas autant accroché que je l’aurais voulu. Tout le contraire de Les belles vies, qui lui, m’a passionnée du début à la fin.


couv-les-belles-vies-620x987Les belles vies, de Benoît Minville

Éditions Sarbacane (collection Exprim’)

5 octobre 2016

272 pages

15,50€

Vasco et Djib sont inséparables depuis leur naissance. Turbulents, pas vraiment délinquants, ils cumulent les bêtises plus ou moins graves, les rires et les bleus. Leur dernière rixe est pourtant celle de trop… Ils sont envoyés pour un été en pension au cœur de la Nièvre, chez un ami du père de Vasco, entrepreneur local qui propose ses services comme famille d’accueil pour la DDASS. C’est dans cette campagne éloignée de tout qu’ils vont rencontrer et se confronter à une autre forme de jeunesse… Un choc des cultures, des personnages flamboyants : la vie belle, les belles vies.

Avec sa magnifique couverture et son résumé énigmatique, Les belles vies me tentait énormément. D’autant plus quand je découvris que l’on retrouvait des personnages présents dans Je suis sa fille ! Vasco, frère d’Hugo, et Djib, son meilleur ami, jouent un rôle secondaire mais cependant intéressant dans le premier roman. Dans Les belles vies, ils sont héros de l’histoire, à ma plus grande joie : ces deux garçons et leur complicité m’intriguaient beaucoup. Ici, on revient quelques années en arrière, lors d’un été qui forgera en grande partie les personnes qu’ils sont et l’amitié qu’ils partagent dans Je suis sa fille. Ce fut donc passionnant de revenir sur ces deux personnages et de découvrir tout au long du roman plusieurs allusions à son prédécesseur (pas assez à mon goût, mais on ne peut pas tout avoir ^^) : des détails qui coïncident, des intrigues qui se complètent, des personnages qui se rencontrent…

Outre cet aspect qui m’a beaucoup plu, j’ai adoré, adoré, mille fois adoré Les belles vies. Je ne saurais dire précisément pourquoi. Je sais simplement qu’il y a quelque chose qui m’a interpelée dans cette histoire. Quelque chose qui m’a fait réellement vivre avec les personnages, d’une façon forte que j’avais rarement expérimentée auparavant.

Ce petit quelque chose a fait que je suis tombée amoureuse de ce livre, au-delà de sa jolie histoire et son beau style d’écriture. Je suis tombée amoureuse de tous ses personnages, si vrais, de son histoire, si belle, de toutes leurs histoires différentes, si touchantes.

Et voilà pourquoi ce livre est un coup de cœur. Un coup dur, parfois violent, mais qui nous remplit le cœur de chaleur. Et de bonheur. Et qui nous rappelle ce que veut dire être libre.

signature-aldiaphora

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8 réflexions sur “La liberté souffle entre les feuilles des arbres

  1. Le thème de Je suis sa fille m’interpelle, mais Les belles vies me tente plus… Donc je ne sais pas… Et puis à chaque fois je me dis « ce livre a l’air bien » et au final j’oublie de ke lire… ^^ bref. Est-ce qu’il est possible de lire l’un indépendamment de l’autre, ou tu penses que dans ce cas il manque un petit quelque chose ?

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  2. Même si le premier roman a l’air d’évoquer des thèmes peu évoqués et importants, le résumé ne me tente pas énormément. Par contre, le second me fait très envie, et ton avis me donne encore plus envie de le lire, donc je vais essayer de le trouver quelque part ! 😀

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