J’ai testé… lire un livre en allemand

Aujourd’hui, j’ai envie de vous présenter l’une de mes dernières expériences livresques. J’ai pris allemand en seconde langue en quatrième (et l’option en sixième et cinquième) et aujourd’hui je suis en TS. Alors j’ai eu envie de faire un test : voir si un livre dans la langue de Goethe était à ma portée.
Pour cette petite expérience, j’ai choisi de lire Histoire d’un allemand de l’Est, de Maxim Leo (j’avoue étudier la période du Mur depuis l’année dernière, ce qui a motivé mon choix). Cet article sera donc une chronique commentée avec mes impressions de lecture.


Histoire d’un allemand de l’Est, de Maxim Leo. Éditions Actes Sud, 2010.

Maxim Leo, journaliste berlinois, avait vingt ans au moment de la chute du Mur. D’une plume alerte et captivante, il raconte aujourd’hui l’histoire d’une famille peu commune : la sienne. Après avoir combattu dans la Résistance française, son grand-père a contribué à la fondation de la RDA. Sa mère a cru en l’avenir du jeune Etat communiste, tandis que son père rêvait déjà de le voir disparaître.
La force de ce document exceptionnel réside dans l’intelligence avec laquelle Maxim Leo organise ce récit qui englobe une soixantaine d’années. Son talent de narrateur rend ce témoignage et ses protagonistes inoubliables.
Histoire d’un Allemand de l’Est ne permet pas seulement de comprendre vraiment ce que fut la RDA mais éclaire aussi les contradictions de l’Allemagne actuelle.

Je ne sais pas par où commencer ma chronique tant il y a de choses à dire à propos de ce livre. D’abord cela a été une superbe expérience, je ne pensais même pas arriver au bout. Ce serait vous mentir que dire que je n’ai pas rencontré de difficultés durant ma lecture. La langue est tellement différente du français au niveau des structures de phrases et, malgré plus d’un an d’étude sur le Mur, la RFA, la RDA, le vocabulaire m’a posé bien des problèmes. Du coup, c’est munie de mon dictionnaire que j’ai réussi à comprendre certaines idées un peu plus abstraites (je ne suis pas nulle au point de ne pas comprendre le sens de phrases simples xD). Et puis, au fur et à mesure que j’avançais dans le livre, j’ai commencé à me détacher de cette aide, pour finir ma lecture sans (pour moi c’est une belle victoire !) mais avec un léger mal de tête ^^.

C’est un livre, sans un être un livre. C’est une Histoire. Oui, une histoire avec un grand H. Histoire d’un allemand de l’Est retrace un siècle de l’histoire de l’Allemagne par les yeux de sa famille. Maxim Leo y raconte sa vie, celle de ses parents, celle de ses grands-parents des années 1920 à la chute du Mur. J’ai ici envie d’employer une phrase qui resume parfaitement ce que j’ai pu ressentir à ma lecture : « Quand le destin d’une famille se confond avec celui d’une nation ».

Son grand-père maternel était de confession juive, exilé en France, et s’est engagé dans la Résistance française. Une fois la guerre terminée, il se tournera vers l’idéal communiste, les associant à ceux qui ont libéré l’Allemagne des fascistes. À l’inverse, son autre grand-père était un Nazi fait prisonnier de guerre, qui reviendra en DDR en 1947 et se coulera dans le moule communiste. La deuxième génération est une génération d’enfants de la DDR. Anne (sa mère) est une journaliste aux convictions communistes forgées par les récits de la Résistance. Son père, Wolf, est un artiste graphique qui ne sera jamais membre du Parti, refusant la dictature. Ses disputes avec Anne ont « bercé » l’enfance de Maxim.

Ce livre montre beaucoup de choses, pas forcément si simple à comprendre quand on n’a pas une connaissance de l’histoire allemande autre que celle des programmes. L’état d’esprit des allemands est présenté d’un point de vue très intéressant. Beaucoup d’entre eux ont  cru au communisme et espéré l’avènement de ce monde meilleur que le Parti avait promis. Cependant, ce rêve n’a pas fait long feu… Seuls les grands-parents ont gardé la foi pour le régime. Les parents de Maxim ont eu une vision beaucoup plus critique, quant à Maxim, le régime n’était rien pour lui. Juste une dictature subit comme une nécessité, de même que des milliers d’allemands de l’Est. On y évoque également la vie quotidienne en RDA : les cours, les camps de vacances, les tracasseries administratives et surtout, l’absurdité de la dictature du parti. Mais jamais je n’ai eu l’impression de lire cette ostalgie dont on a si souvent parlé en classe. Pour moi c’est plus qu’un livre, c’est un récit qui va au plus près, qui permet de comprendre les origines de la DDR et dans la foulée l’histoire de l’Allemagne réunifiée.

« Nous nous rendons à Check point Charlie. Nous n’avons pas besoin de beaucoup nous rapprocher pour comprendre que le Mur est ouvert. Les gens crient de joie. Une femme pleure à côté de nous. Elle dit qu’elle avait vingt ans lorsqu’on l’a construit. « Il était là tout d’un coup, et tout d’un coup il disparaît, et ma vie est passée tout d’un coup, elle aussi. » Elle pleure de joie, et j’aimerais pouvoir pleurer moi aussi. »

Je ne sais toujours pas si j’ai aimé ou non ce livre. Il est tellement différent de ce que j’ai toujours lu. En tout les cas, il m’a fait comprendre beaucoup de choses sur cette période obscure de l’histoire allemande. Je sais bien évidemment qu’il ne raconte pas tout, loin de là, mais il permet de voir l’enchaînement des événements qui ont conduit à la création de la DDR puis à la chute du Mur. En tout les cas, je ne peux que recommander la lecture de ce livre (il existe en français).

Wellan

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4 réflexions sur “J’ai testé… lire un livre en allemand

    • Oui bien sûr ! J’ai tout mis en français pour faciliter la compréhension 😉
      Haltet euer Herz bereit de Maxim Leo (de tête à peu de chose près)
      Ah bon ? Tu voudrais t’orienter dans quelles études ?

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    • Merci 😀 Je suis en licence d’études franco-allemandes et dès que je dois choisir un sujet d’exposé ou de recherche je finis toujours par choisir de parler de la RDA donc c’est toujours utile de lire des livres en allemand sur le sujet pour pouvoir faire des citations dans les dossiers à rendre ;p

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    • Ahah, je comprends parfaitement 😉 Je fais pareil pour la philosophie si je cite des auteurs autres que français. Du coup dans mes copies il peut y avoir du français, de l’anglais, de l’allemand, du turc, du latin et du grec x)
      J’espère que tu pourras le trouver facilement 🙂

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