Le poète maudit…

Poésie ! Oh mon dieu que cette section est peu remplie ! Mais oui, je comprends bien les points de vue, la poésie ce n’est pas facile à lire (enfin cela dépend des auteurs).

Violette vous avait présenté il y a trèèès longtemps Rimbaud, un poète que j’admire particulièrement. Mais depuis, j’ai découvert Baudelaire, et vous savez quoi ? Je me suis éprise de poésie (moins que les romans mais quand même) ! Enfin, quand je dis la poésie, c’est SA poésie. Et il y a un recueil que j’apprécie au plus haut point : Les Fleurs du Mal. Mais pour commencer, vu que je sais de source sûre que ce poète n’est parfois pas étudié (et c’est une honte !), une petite biographie (ou pas XD).


Charles Baudelaire est né en 1821 et est mort en 1867. De nombreux événements ont marqué sa vie, et tous les citer serait une tâche bien trop ardue… En plus n’étant pas une spécialiste de sa vie, j’aurai peur de raconter des bêtises. Parmi les plus importants, on peut tout de même noter la mort de son père alors qu’il n’était qu’un enfant, de même que son voyage aux Indes (écourté par un naufrage) et sa participation active à la Révolution de Février en 1848 (et oui ! il a fait les barricades !).
Baudelaire est à la croisée entre le Parnasse et le symbolisme ; il fait parti de ces auteurs inclassables (que l’on ne retrouve jamais dans les manuels de français). Occupant une place considérable parmi les poètes français, il se retrouve au cœur des débats sur la fonction de la littérature à son époque.
Enfin, séparant la poésie et la morale, il se proclame destiné au Beau et à la Vérité.


Au final, j’ai l’impression d’avoir été raisonnable sur cette biographie ^^. Mais bref, cela n’est pas le sujet. Au dessus et en guise d’introduction, je vous ait parlé des Fleurs du Mal… Le voilà le sujet.

Alors… Que dire sur Les Fleurs du Mal en étant concise et précise à la fois (je vous avoue, c’est un véritable défi pour moi) ?

Il s’agit d’un recueil de poème, l’une des œuvres majeures de la poésie moderne. À la trappe les règles barbares ! Place à la nouveauté, à l’innovation !
Dans ce recueil, les poèmes sont « regroupés » en catégories :
-la souffrance
-le dégoût du mal
-une certaine obsession de la mort
-une aspiration au monde idéal
Bref, ce n’est pas la chose la plus joyeuse que j’ai jamais lu. Et pourtant, je suis tombée sous le charme de ces poèmes, et plus particulièrement ceux de Spleen et Idéal. J’ai interprété ça comme une expression de tristesse profonde et aussi une inévitable fuite du temps, mais pour vous donner une idée, un poème vaut mieux que des mots.

Spleen : LXXV

Pluviôse, irrité contre la ville entière,
De son urne à grands flots verse un froid ténébreux
Aux pâles habitants du voisin cimetière
Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.

Mon chat sur le carreau cherchant une litière
Agite sans repos son corps maigre et galeux ;
L’âme d’un vieux poète erre dans la gouttière
Avec la triste voix d’un fantôme frileux.

Le bourdon se lamente, et la bûche enfumée
Accompagne en fausset la pendule enrhumée,
Cependant qu’en un jeu plein de sales parfums,

Héritage fatal d’une vieille hydropique,
Le beau valet de coeur et la dame de pique
Causent sinistrement de leurs amours défunts

Je pense que vous êtes du même avis que moi, c’est triste. Et bien le spleen, c’est ça : une profonde tristesse née du mal de vivre (merci Wikipédia :D).
Ses poèmes sont donc à son image, oui Baudelaire semble avoir été un grand dépressif. Mais je ne veux pas que vous déprimiez, alors voici deux des poèmes de ce recueil que je préfère.

Le crépuscule du matin

La diane chantait dans les cours des casernes,
Et le vent du matin soufflait sur les lanternes.

C’était l’heure où l’essaim des rêves malfaisants
Tord sur leurs oreillers les bruns adolescents ;
Où, comme un oeil sanglant qui palpite et qui bouge,
La lampe sur le jour fait une tache rouge ;
Où l’âme, sous le poids du corps revêche et lourd,
Imite les combats de la lampe et du jour.
Comme un visage en pleurs que les brises essuient,
L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient,
Et l’homme est las d’écrire et la femme d’aimer.
Les maisons çà et là commençaient à fumer.

Les femmes de plaisir, la paupière livide,
Bouche ouverte, dormaient de leur sommeil stupide ;
Les pauvresses, traînant leurs seins maigres et froids,
Soufflaient sur leurs tisons et soufflaient sur leurs doigts.

C’était l’heure où parmi le froid et la lésine
S’aggravent les douleurs des femmes en gésine ;
Comme un sanglot coupé par un sang écumeux
Le chant du coq au loin déchirait l’air brumeux ;
Une mer de brouillards baignait les édifices,
Et les agonisants dans le fond des hospices
Poussaient leur dernier râle en hoquets inégaux.
Les débauchés rentraient, brisés par leurs travaux.

L’aurore grelottante en robe rose et verte
S’avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, vieillard laborieux.

 

La fontaine de sang

Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu’une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l’entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.

A travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s’en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.

J’ai demandé souvent à des vins captieux
D’endormir pour un jour la terreur qui me mine ;
Le vin rend l’oeil plus clair et l’oreille plus fine !

J’ai cherché dans l’amour un sommeil oublieux ;
Mais l’amour n’est pour moi qu’un matelas d’aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles !

Et voilà la fin de cet article (je vous entend d’ici dire « non pas déjà !! »). Alors, même si vous n’aimez pas forcément la poésie, faites un petit effort et allez tout de même lire quelques poèmes de Baudelaire, il fait partie des incontournables de la littérature française.
J’espère donc vous avoir donner envie de découvrir un peu plus ce poète et ses œuvres !

Wellan

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14 réflexions sur “Le poète maudit…

  1. Superbe article 🙂 J’espère que l’on en verra plus dans ce goût-là. C’est dommage, d’ailleurs, parce que j’adooore la poésie ^^ (et les poètes), mais j’ai rarement l’occasion d’en lire…

    Aimé par 1 personne

  2. Oh, un article de poésie! 😀 J’adore Baudelaire moi aussi, et plus particulièrement ces poèmes en prose *-* Mais comme Yoko, j’ai étudié plusieurs œuvres de lui au lycée, c’est même probablement l’un des poètes dont j’ai le plus parlé. Tu n’as pas dû avoir de chances…
    C’est marrant que je lise cet article là car j’ai justement relu ce matin une nouvelle d’Edgar Poe qui était traduite par lui (et forcément du coup, c’était sublime!) 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Tout le monde est content de voir de la poésie et Baudelaire sur le blog ! Ça me fait vraiment plaisir !! 🙂
      Sans doute, j’imagine que chaque prof fait étudié ce qu’il veut. J’ai toujours lu des poètes dont personne ne connaissait l’existence (et des poèmes très bizarre…)
      Ah bon, il a fait des traductions ? Je vais aller voir ça alors, je n’étais absolument pas au courant. Merci pour l’info’

      J'aime

  3. Parfois pas étudié ???? Alors que mon prof de français nous parle de monument de littérature et fait les trois quarts de ses ouvertures avec des poèmes des Fleurs du mal ? (Bon ensuite c’est normal vu que c’est l’une de nos œuvres intégrales pour le bac) Ton article est intéressant ! J’ai hâte que vous vous attaquez à des poetes vraiment moins connus, j’ai souvent du mal à choisir de la poésie (parce qu’à part les artiste chouchous de nos profs on ne connait pas tellement de poetes que ça en fait…)

    Aimé par 1 personne

    • De toute ma scolarité, je n’ai jamais lu ou étudié une de ses œuvres…
      Ahah merci beaucoup !
      Oula, il va y avoir une déferlante de poésie sur le blog j’ai l’impression ^^ Mais pour des poètes moins connus, j’ai quelques pistes donc bientôt j’espère 😉

      Aimé par 1 personne

  4. Je suis en train d’étudier des poèmes des Fleurs du Mal en français, et au cours dernier la prof nous a parlé de Beaudelaire pendant tout le cours ! Et là je tombe sur ton article ! x) Moi je trouve
    ça super intéressant, j’adore le poème « L’albatros » dans les Fleurs du Mal.
    Bel article ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Merci beaucoup ! 😀
      C’est vrai ? Lesquels et dans quelle(s) section(s) ? Au pire ça fait toujours un petit complément de cours ^^
      J’aime beaucoup « L’Albatros » aussi, je pense qu’il fait partie de mon top 10 des poèmes que je préfère dans ce recueil. Mais tous sont différents et touchants à leur manière… Après je n’ai pas l’étude en classe donc mon point de vue est moins développé que le tien je pense x)

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  5. En ce qui me concerne, je ne lis pas de poésie, mais j’aime bien vos articles qui m’en font lire un peu quand même ^^ Et ne t’inquiète pas, ma prof de français nous a parlé de Baudelaire (notamment avec le poème « L’albatros ») et certains de ses poèmes figurent aussi dans mon manuel 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Ahah ! Je prends note que tu lis de la poésie par nos articles 🙂 On va voir pour en publier un peu plus souvent ^^
      Et bien ta prof de français a du bon sens. Moi aucun de mes profs n’a parlé de Baudelaire depuis que je suis au collège (et je suis en 1S alors autant dire que ça fait longtemps) sauf peut-être en mentionnant les poètes français. :p

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