Se sentir admirée pour pouvoir exister

ImpressionDélinquante, de Martine Pouchain. Éditions Sarbacane, 24 août 2011, 64 pages, 6€.

Tout d’abord, merci aux éditions Sarbacane pour l’envoi de ce roman !

C’est l’histoire, ou plutôt un bout de la vie, d’Edna, qui aime voler pour se sentir exister. Et puis un jour, elle rencontre un jeune photographe, et la fragile jeune fille va en être toute chamboulée.

Lorsque j’ai reçu ce livre, je ne pensais pas qu’il était si court, et j’ai eu un peu peur, parce que je trouve souvent que les nouvelles/petits romans sont trop rapides, survolent l’histoire. Délinquante n’a pas échappé à la règle, mais j’ai beaucoup aimé cependant.

Le début de l’histoire nous plonge directement dans le sujet : Edna et son obsession pour le vol.

Pourtant, au fil des pages, le personnage d’Edna se dessine, et de façon plus touchante.
L’héroïne est un peu égoïste et concentrée sur elle.
Elle croit qu’elle a besoin de voler et du danger pour avoir une place dans sa bande d’amis.
« J’étais la seule fille, il fallait que j’assure. »
Elle veut absolument se faire bien voir, elle s’enfonce dans un tourbillon infini dont elle ne pourra plus se sortir. Plus elle vole, plus elle ressent le besoin de ce plaisir interdit.

Edna est le portrait plutôt bien fait d’une adolescente : mille réflexions, des espoirs, des mirages, des humeurs qui bougent autant que des montagnes russes, à se prendre la tête pour un rien. C’est vraiment une représentation… représentative d’une ado.

On entend beaucoup parler d’un personnage qu’on ne voit pas : son père. Et pourtant, même si elle enfreint toutes les règles possibles contre l’avis de celui-ci, on voit qu’on elle tient, beaucoup même, et sa part de jeune fille touchante apparait. Par touches, pas directement, on comprend qu’elle ne vole pas pour elle, si même par plaisir, mais pour exister.

J’ai vraiment beaucoup aimé le personnage de l’héroïne, dépeint petit à petit, avec des faces cachées, jamais trop révélées, à deviner. Edna est un peu comme une amie qu’on découvrirait petit à petit ; on a d’abord des préjugés sur sa personnalité, pourquoi elle fait ci, elle fait ça, et puis on voit un peu qui elle est en fait.
Le personnage n’est pas non plus « extrêmement » original, assez classique quand même, mais très vrai, et bien amené.

Au niveau de l’histoire, je l’ai trouvé assez originale, un peu différente de d’habitude. Bon, certes, cela tourne encore autour de l’amour adolescent, mais à travers une facette un peu différente, on voit entrevoir la cervelle embrouillée d’un adolescent.

Ce roman n’est pas spécialement bien écrit, avec des formules parfois un peu orales, et un vocabulaire un peu grossier parce qu’on est dans la tête d’Edna, mais le récit reste prenant, et cette écriture un peu « brute » nous plonge dans l’histoire, comme si Edna s’adressait à nous directement.

Curieusement, j’ai beaucoup plus apprécié ce roman à ma deuxième lecture. La première m’avait vraiment cantonné à l’intrigue, et la deuxième m’a plus « touchée ».

Et puis ça s’achève sur une fin un peu marquante, une sorte de morale, qui nous fait découvrir la belle mère de Edna.

Sans être un coup de cœur, un joli court roman en somme. Si vous en avez l’occasion… 😉Capture d’écran 2015-04-18 à 19.46.10

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