Amour et mathématiques

9782092555729Le théorème des Katherines, de John Green. Éditions Nathan, octobre 2014, 215 pages.

Dix-neuf fois Colin est tombé amoureux.
Dix-neuf fois la fille s’appelait Katherine.
Pas Katie, ni Kat, ni Kittie, ni Cathy, et surtout pas Catherine, mais KATHERINE.
Et dix-neuf fois, il s’est fait larguer.

Ça faisait un bon moment que ce livre trainait dans ma PAL, en grande partie parce que je l’ai en VO et que la flemme me rattrapait à chaque fois. Alors merci à Camille des Petites Lectrices (sa chronique ici) de m’avoir permis d’enfin m’y mettre en acceptant d’organiser cette lecture commune !

Je n’avais pas lu de John Green depuis assez longtemps, et il faut avouer que je n’étais pas très confiante. Ou plutôt, j’étais décidée à me munir de mon esprit critique, soigneusement affuté, avant de commencer ce livre. Pourquoi ? Parce que quand j’ai lu – et adoré – les autres John Green, j’ai l’impression que je n’avais pas un avis très objectif. Donc voilà, c’était une occasion de faire descendre cet auteur du piédestal sur lequel je l’avais posé dans mon esprit quand j’avais lu Nos Étoiles Contraires, La face cachée de Margo et Qui es-tu Alaska.

Et il est vrai que j’ai trouvé des choses à redire. Ne vous méprenez pas, j’ai beaucoup apprécié ma lecture, j’y ai retrouvé l’écriture spontanée de John Green et l’étincelle dans son intrigue, dans ses personnages, qui fait vivre le roman. Mais j’ai aussi trouvé des points négatifs, là où je n’en voyais aucun dans ses autres romans.

Même si ça m’a fait un choc, au début – ce nouveau décor, ces personnages inconnus, cette autre langue –, je suis entrée assez vite dans l’histoire, et j’ai été prise jusqu’au bout. Je l’ai dévoré en un week-end, et c’est beaucoup dire, pour un livre en anglais.

Dans l’ensemble, donc, j’ai aimé. Les personnages, attachants, l’histoire, originale, l’écriture, prenante. Mais j’avais des comptes à rendre à John Green, je crois, alors appelez-moi maniaque, mais je suis allée chercher la petite bête. Et je l’ai trouvée – je les ai trouvées, toutes ces petites bêtes, en soulevant un morceau de bois : elles étaient là, nombreuses, grouillantes, petites et difficiles à voir, mais bien là.

Je crois que le principal point négatif de ce livre, c’est un manque. Ce n’est pas quelque chose présent dans le livre que je vais critiquer, mais plutôt des absences. Des absences qui m’ont gênée.

Tout d’abord, il y a les flash-backs. On découvre, petit à petit, un par un, des morceaux de souvenirs de la vie de Colin, de sa relation avec les Katherines. Katherine 1, Katherine 19, Katherine 3 parfois… Mais les autres ? Katherine 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10… et j’en passe ! On veut savoir ce qu’il s’est passé, comment ça a commencé, comment ça a fini ! Les quelques flash-backs qu’on a, on les dévore et on adore. Mais on en veut plus !

Outre le fait que l’auteur nous laisse sur notre faim, il y a ce caractère peu crédible de l’histoire (19 Katherines, quand même…) qui aurait pu disparaitre s’il nous avait raconté l’histoire des autres. Mais du coup, tout ça reste dans le flou, et ces seize autres Katherines ne paraissent pas réelles…

Deuxième manque, les personnages. On ne rencontre qu’une poignée de personnages, et parmi eux, seuls quelques-uns encore sont creusés. Donc finalement, on finit par n’en connaître que trois. Ce qui est super dommage, parce que ce sont je pense les personnages qui font vivre une histoire, et que je sais que John Green a fait beaucoup mieux que ça dans ses autres romans (Après, ça peut être expliqué par le fait que ce n’est que son deuxième roman).

Enfin, le dernier manque, ce sont les intrigues secondaires. Ah là là, comme j’aime ça, Les Intrigues Secondaires… Ce n’est peut-être qu’un avis personnel, mais d’après moi, ce qui rend un roman riche et crédible, ce sont ces petites histoires, à côté de l’histoire principales, ces petits bouts d’intrigues qui suivent un personnage secondaire, ou le personnage principal, qui sont moins importantes mais tout de même vitales à la cohérence du récit. Dans Le théorème des Katherine, il y a un semblant d’intrigue secondaire à un moment, et j’ai adoré ce passage. Mais c’est tout. Et ça, ça s’est vraiment ressenti, de mon point de vue en tous cas.

Voilà donc les trois choses qui m’ont vraiment manquée dans ce roman. Après, bien sûr, comme je l’ai dit au début, j’ai tout de même beaucoup apprécié : l’idée de base était géniale, le personnage de Colin aussi. Et la fin, j’ai adoré. C’est là qu’on découvre réellement les personnages dans toute leur complexité, leurs complexes. On s’identifie à eux parce que leurs problèmes nous concernent tous plus ou moins. J’ai trouvé qu’il y avait un beau message, sur nous-même, sur ce qui nous caractérise et sur ce qui fait qu’on compte. (Je ne sais pas si je me fais comprendre, mais vous comprendrez si vous lisez le livre) Et ça, c’est génial.

Un John Green qui m’a donc un peu déçue, contrairement aux trois autres que j’ai lus, mais tout de même une belle lecture, sans prise de tête, à lire au chaud sous sa couette un matin d’hiver.

Tic-Tac-Toe

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16 réflexions sur “Amour et mathématiques

    • Ça, c’est catégorique ! Enfin, si tu n’aimes pas John Green, tu n’aimerais sûrement pas celui-ci… Mais il ne faut pas avoir un avis si catégorique sur un auteur : qui sait, un de ses livres pourrait te surprendre 😉

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