Crayon, couleurs, pépite de l’animation !

182930Le garçon et le monde, un film d’animation d’Alê Abreu, 2013, 80 min.

(un court résumé, bien que cela ne se résume pas) : Ce film d’animation, c’est l’histoire d’un petit garçon qui part chercher son père parti travailler à la ville. Mais durant son périple, c’est de son lui plus tard dont il va suivre le parcours.

Par où commencer?

(je tiens à préciser que toute cette « analyse » vient beaucoup d’un de mes professeurs de l’option audio visuel du lycée)

C’est tellement… fort, comme film d’animation. Il peint la société actuelle, le monde du commerce au Brésil plus particulièrement (c’est un film brésilien), et les répercutions que cela a sur les habitants.

Pour commencer, les graphismes. Vous en avez un petit aperçu, avec l’affiche. C’est doux, enfantin, coloré. Le blanc en fond domine une certaine partie du film, et tous les autres éléments de l’image sont de couleurs vives, c’est génial. D’ailleurs, en parlant du fond, il n’est pas tellement élément de ce qui se passe avec les personnages en même temps, mais plus un monde, une ambiance. Comme sur cette image, où la ville est une immense montagne en fond, et avec les deux personnages, sur la voiture.menino05

Le ciel du soir est magnifique. Pour représenter le soir, la nuit, le ciel est violet, bleu, pour le soleil levant, c’est bleu ciel, mais surtout, comme peint. Il est là comme si on l’avait étalé à l’aide d’un pinceau ou d’une éponge. Ça m’a fait penser à un côté pas bien fini, pas lisse, et j’ai trouvé ça particulièrement magnifique.

Tout le film est vu par les yeux de l’enfant (même si nous ne sommes pas dans une vue totalement subjective, puisqu’on le voit marcher, agir, nous ne sommes pas lui, mais la vision du monde est celle de l’enfant). Et il y a pleins de petits allusions à ça, c’est particulier. Par exemple, le garçon ne sait pas lire, alors tous les panneaux, affiches qu’il voit, ce sont juste des lettres dans le désordre. Ou encore, toutes les machines qui deviennent des animaux : les chars des éléphants, le train une chenille qui fume une pipe…

Le film a beau être brésilien… le réalisateur a inventé une langue qui n’est pas du portugais. Qu’on parle anglais, chinois, roumain, français, on comprend tous le film avec les expressions, la musique, les couleurs. Pas de problème de VF, ainsi ! (et puis c’est pas un peu démentiel de se dire qu’on voit tous dans le monde, de la même manière, au « même niveau » ?)

157481Et revenons-en, à la musique… Elle occupe une énorme en place dans ce film. Dans plusieurs sens.

Déjà, mais ça c’est plutôt propre aux dessins animés en général, elle accompagne beaucoup les mouvements des personnages: s’ils tombent, la musique s’écroulera aussi, s’ils sont fatigués, la musique sera lente et… fatiguée. Vous voyez ce dont je veux parler ? J’adore ça.

Et, également, et ça cela lui est caractéristique, l’histoire tourne beaucoup autour de la musique. Les notes sont des sortes de petites bulles de couleur dans le film, qu’on peut enfermer dans des boites pour les réécouter… Mais seule la belle musique, la musique joyeuse, celle du peuple, est colorée. Celle qui sort des trle-garcon-et-le-monde-photo-535a5ededbd6aompettes de chars imposants, noirs, des défilés dans la rue de la ville(qui rappelle beaucoup les parades hitlériennes, d’ailleurs…), ce ne sont que des bulles noires. Lorsque les bulles noirs s’assemblent, et lorsque les bulles colorés s’assemblent, elles forment chacune de grands oiseaux (magnifiques pour le coloré, que voici là).

Bon, voilà généralement pour tout ce qui est « extérieur » à l’histoire.

L’histoire est… très compliquée. Comme je l’ai dit plus haut, l’enfant va partir à la recherche de son père, mais son lui plus tard qu’il va trouver. Vieux, plus jeune, les passages de sa vie s’entremêlent, pour laisser, à la fin, son histoire tracée par moments clés de sa vie.

L’enfant devient, plus tard, ouvrier dans une usine de coton. Le film illustre bien l’industrialisation du monde actuel: les machines commencent à remplacer les humains…

Puis, il travaille dans un champ de coton. Là encore, la loi du plus fort règne, travailler pour rien, pour un chef odieux, rentrer chez soi sans personne, s’user. Une sorte d’esclavage contemporain, en somme, là pour rappeler l’esclavage africain qui a eu lieu sur les mêmes terres.

En plus d’illustrer l’industrialisation du monde, ce film met en avant la bêtise humaine. « Notre » monde, celui de ceux qui vivent dans les villes, qui achètent, consomment, est ici comparé à une cité volante, isolée du monde dur de l’enfant. Les durs efforts des esclaves de l’usine, dont nous profitons, comme isolés, supérieurs. Eux qui travaillent, nous qui profitons.

Il y a deux moments que j’ai beaucoup aimé, vraiment, qui m’ont… touché.

Lorsque l’enfant réécoute l’une des notes de musiques qu’il a enfermé dans un petit pot, tout s’efface autour de lui, tout devient blanc, il ferme les yeux. Il est parti, il est loin.

Et, quand, le soir, la mère allume une lampe au dessus du quai du train qui a emmené le père. La petite lumière vacillante.

Ce film est très beau, et dur à la fois, par sa vérité. Pour ses graphismes, son histoire, sa façon de la traiter, pour son originalité, regardez le si vous en avez l’occasion.

Capture d’écran 2015-04-18 à 19.46.10

 

 

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5 réflexions sur “Crayon, couleurs, pépite de l’animation !

  1. Poster un article le jour de Star Wars c’est pas une bonne idée ^^’ il m’a fallu deux jours pour m’en remettre et donc passer ici :p
    EN tout cas ce film est directement placé en tête de ma « liste de films à voir » !

    J'aime

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