La vie, mode d’emploi

Dysfonctionnelle, de Axl Cendres. Editions Sarbacane, 7 octobre 2015, 288 pages.

Fidèle, alias Fifi, grandit, entourée de ses six frères et soeurs, dans une famille dysfonctionnelle : son père enchaîne les allers-retours en prison, sa mère est à l’asile. Dotée d’une « intelligence précoce », elle intègre un lycée des beaux quartiers où les élèves la regardent comme un alien. Mais c’est là que l’attend l’amour, le vrai, celui qui transforme, celui qui sauve…

Un immense merci aux éditions Sarbacane pour l’envoi de ce roman.

Dysfonctionnelle a été pour moi un énorme coup de cœur. Je ne m’attendais pas à aimer autant, peut-être parce que les derniers Exprim’ m’avaient légèrement déçue, ou peut-être à cause de ce résumé qui cache tant de choses. Mais le fait est que c’est arrivé comme ça, d’un coup, et ça m’a fait l’effet d’une claque – une claque pleine de surprise, de chaleur, de bonheur.

Vers la page 50, j’ai accroché, et après ça, je n’ai jamais décroché. Il y avait quelque chose, dans ce livre, quelque chose que j’aurai beaucoup de mal à expliquer, mais quelque chose qui a tout de suite fait que je me sentais connectée à l’histoire, connectée aux personnages, connectée à l’auteure.

C’est l’histoire de Fifi. Il n’y a pas de réel fil conducteur, pas de chronologie ; Fifi se contente de raconter, comme ça lui vient, son histoire, et celle des autres membres de sa famille – sa famille dysfonctionnelle.

Fifi habite dans les quartiers populaires de Paris, mais la découverte de son « intelligence précoce » va la mener dans un lycée des beaux quartiers où elle a du mal à trouver sa place. Puis elle rencontre Sarah, et c’est là, là que j’ai été happée.

C’est un livre impossible à résumer, et très difficile à chroniquer, car il contient toutes ces petites choses, ces minuscules détails que je ne dévoilerai pas ici pour ne pas spoiler mais qui font toute la différence. On s’attache réellement aux personnages, même aux moins importants – qui sont tout de même creusés –, on entre peu à peu dans cette famille loufoque et décalée, on l’adopte et on ne veut plus en sortir.

On suit Fifi pendant une bonne partie de sa vie, de sa naissance à ses 25 ans. Son personnage est génial : original, et pourtant si réaliste, jamais surfait. J’ai réussi à m’identifier à elle, en partie parce que j’ai vécu un peu la même chose, en beaucoup moins fort, en entrant au collège ; et que je vis maintenant l’inverse, au lycée. Mais aussi parce que tout le monde pourrait s’identifier à elle : il y a des passages de sa vie où Fifi se contente de vivre, de travailler, sans vraiment réfléchir à son futur ; il y a des moments où elle est perdue, où elle ne sait plus ce qu’elle aime – et ça, on en est tous passés par là, et on va tous repasser par là à un moment de notre vie.

L’écriture est simple, et pourtant envoûtante, poignante. Quand j’ai refermé ce livre, je n’ai eu qu’une seule envie : d’aller découvrir sur le champ les autres livres d’Axl Cendres. Et c’est ce que je vais faire, parce que cette auteure est réellement géniale. Ce qu’elle a construit ici, dans ce roman, toutes ces histoires, ces personnages, ces émotions… c’est extraordinaire. Ça fout réellement une claque, et tant pis si ça fait mal – ce livre m’a rappelé qu’il existe encore un semblant de normalité dans ce monde.

« Au mois de février, pendant une récrée, Sarah m’a dit comme ça :
 « Je pense qu’on ne tombe pas amoureux d’un garçon ou d’une fille, mais d’une personne. »
Je n’ai rien trouvé à répondre. »

Tic-Tac-Toe

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10 réflexions sur “La vie, mode d’emploi

  1. Merci infiniment pour cette chronique ! Elle m’a donné tellement envie que j’ai demandé ce livre à ma marraine pour mon anniversaire grâce à vous ! ^^ Avec sans doute une dédicace du Salon de Montreuil (le cadeau parfait, quoi 🙂 )

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  2. Ah la citation, mon prof de français nous a dit la même chose en cours (on pourrait donc se demander s’il a lu ce roman (mais je ne pense pas que ce soit le cas)). J’hésite beaucoup à lire ce livre malgré les nombreux très bons avis parce que je n’ai pas beaucoup aimé les autres libres de l’auteur (j’ai déteste Échec et but et j’ai moyennement aimé Bibow Bradley (des moments géniaux et d’autres nettement moins)). En lisant le résumé on a l’impression que l’histoire va être assez clichée (la famille atroce, le lycée des beaux quartier), c’est le cas ou pas ?

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    • C’est tout sauf cliché. On dirait que tout est réel, comme si ça c’était vraiment passé ou comme si l’auteure avait pris des notes sur les vies de ces deux genres de familles.
      La citation est magnifique, n’est-ce pas ? Tellement vraie…
      J’essayerai de dénicher ses autres livres pour m’en faire une idée ^^
      Au fait, tout va bien chez toi ? Vous habitez dans le coin des attentats ou non ?

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