Une mort à partager 

Le vide de nos coeurs, de Jasmine Warga. Editions Hugo Roman, 9 avril 2015.

« La dépression, c’est comme un poids dont on ne peut pas se défaire. Un poids qui vous écrase et vous donne l’impression que la moindre tâche, comme nouer ses lacets ou mâcher une tartine, est une marche de trente kilomètres en montée. La dépression fait partie intégrante de vous ; elle s’infiltre dans vos os, dans vos veines. S’il y a bien une chose que je sais à ce sujet, c’est ça : on n’y échappe pas. »

Le vide de nos cœurs est un livre que j’ai acheté essentiellement pour le titre, que je trouvais très beau – je n’avais même pas compris la quatrième de couverture, je me disais simplement qu’une histoire d’amour toute simple ne me ferait pas de mal pendant l’été.

Le vide de nos cœurs, c’est l’histoire d’Aysel, 16 ans, qui veut en finir avec la vie. Cependant, elle n’est pas sûre de pouvoir y arriver seule ; elle découvre alors la rubrique « partenaires de suicides »  du site Smooth Passages, qui lui permettra de trouver quelqu’un avec qui se tuer. Elle choisit Roman : c’est là que l’histoire commence.

L’intrigue, en elle-même, est simple : dès leur rencontre, on voit le conflit se profiler à l’horizon ; on voit presque l’intrigue entière. Rien de surprenant ni d’original dans celle-ci, donc.

C’est pour moi le problème principal du livre, sachant qu’il n’est pas vraiment compensé par les personnages ou par les intrigues secondaires. Les personnages sont certes intéressants, mais pas vraiment… réalistes. Il y a toutes ces lacunes, toutes ces questions que l’on se pose (Que font-ils pendant leur temps libre ? Comment étaient-ils avant leurs drames respectifs ? Comment se comportent-ils au lycée ? Quels sont leurs traits de caractères ?) et auxquelles l’auteur ne répond pas. Alors, d’accord, Aysel aime écouter de la musique classique, Roman faisait du basket, mais ces informations ne sont pas vraiment suffisantes pour que les personnages se dessinent réellement dans nos têtes et pour que l’on s’attache à eux.

Il y a des intrigues secondes, telles que la relation d’Aysel avec sa mère ou avec sa demi-sœur Georgia, mais elles apparaissent si rarement que, pareil, ça manque de réalisme. J’aurais aimé que l’auteure décrive la vie quotidienne d’Aysel, au lycée comme à la maison, entre ses camarades de classes, ses profs, sa mère et sa demi-sœur.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai trouvé que ce livre manquait un peu de complexité, ce qui m’a empêchée de le planter dans un décor réaliste et donc d’être touchée par l’histoire.

Mais c’était tout de même une lecture très agréable, facile à lire, prenante, et une belle histoire d’amour. J’ai beaucoup aimé la fin, qui laisse un goût d’espoir dans la bouche : ça change de All The Bright Places, ça soulage, ça rend heureux. Bref, à réserver pour l’été, sans prise de tête malgré le sujet, ça peut être franchement pas mal si vous aimez les romances 🙂

Tic-Tac-Toe

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