Les mondes d’après…

Afterworlds, de Scott Westerfeld. Pocket Jeunesse, 5 mars 2015, 672 pages.

Darcy Patel, dix-huit ans, a mis l’université entre parenthèses. Elle vient de signer un contrat pour publier son premier roman, Afterworlds. L’histoire de Lizzie, une ado qui échappe de justesse à une attaque terroriste en simulant la mort.

Tandis que Darcy écrit et plonge dans l’effervescence de la scène littéraire new-yorkaise, Lizzie passe de notre monde à un monde intermédiaire, un lieu entre la vie et la mort, ou elle va dénouer les secrets de son passé… et rencontrer le garçon de ses rêves.

Comment expliquer ce que j’ai ressenti en lisant ? Dans l’ensemble, rien. Ou bien, plusieurs choses : de l’attachement, parfois, de l’ennui, souvent, ce qui fait qu’à la fin tout s’annule.

Il y a deux histoires dans ce roman. Celle de Darcy, 18 ans, apprentie écrivain et apprentie New-Yorkaise ; et puis, écrite par Darcy, celle de Lizzie, 17 ans, qui échappe de peu à la mort et devient une psychopompe, gardienne des morts. Les chapitres alternent entre les deux histoires, pour former un énorme pavé de 670 pages.

J’ai lu à plusieurs endroits que finalement, les deux histoires auraient pu être lues indépendamment. Je ne suis pas entièrement d’accord. Dans le sens où, en lisant l’histoire de Darcy, on aurait eu envie de savoir ce qu’elle écrit ; et l’histoire de Lizzie n’a aucun intérêt seule. Donc en fait, c’est seulement cette mise en abyme qui donne de l’intérêt au roman.

Il y a des liens, parfois, entre Darcy et Lizzie – Darcy met des morceaux d’elle, de ses proches, en Lizzie. Mais on a l’impression que ces liens ne sont pas assez importants ; on attend la confrontation, ce lien de Lizzie à Darcy, et non plus de Darcy à Lizzie, ce lien qui ne vient pas.

C’est très dur à expliquer, car les deux histoires n’ont pas d’intérêt seules, mais n’en ont pas énormément non plus ensembles.

Après, je me suis énormément attachée à Darcy. Darcy est touchante ; elle a 18 ans, elle est jeune, elle n’a encore rien vécu, et elle découvre la vie. Elle rencontre Imogen, et elle vit avec elle une histoire incroyablement touchante et attachante. Ce livre met en scène une relation homosexuelle, simple, sans prise de tête ni cliché des parents désapprobateurs, qui mine de rien nous rassure un bon coup sur le restant de normalité dans ce monde.

Je me suis identifiée à Darcy, car, bien que je n’aie pas encore écrit de roman, eh bien, c’est un de mes rêves, et moi aussi je découvre un peu la scène littéraire – en plus petit, mais bon –, avec tous ces salons, ces partenariats, ces services presse. Et puis j’aimerais énormément aller comme Darcy vivre à New York et travailler avec de grands auteurs. Cette partie de l’histoire m’a donc faite rêver, tout en me redonnant de la motivation pour écrire et en me donnant au passage des petites astuces dans ce domaine.

Mais encore une fois, mon intérêt pour cette partie est bloqué par les chapitres de Lizzie. Quand j’ai fini un chapitre de Darcy, j’ai envie de continuer, de savoir la suite ; et puis je me rappelle que l’on passe à Lizzie, et tout de suite, j’ai moins envie de continuer. Cette alternance, qui aurait dû donner du dynamisme au roman, casse plus le rythme qu’autre chose.

Cependant, je dois accorder que les parties de Lizzie ajoutent de l’action là où il en manquerait sans doute seulement avec Darcy. Par contre – mais c’est peut-être un choix de l’auteur, l’histoire étant censée être écrite par Darcy – j’ai trouvé l’histoire de Lizzie assez clichée et les personnages très peu creusés, surtout Lizzie, dont on ne sait presque pas les pensées et qui ne parait pas très dépassée de tout à coup pouvoir voir les morts.

Finalement, on trouve des défauts dans les deux parties, et on a un peu l’impression que l’auteur a voulu les assembler en un seul roman pour en quelque sorte compenser ces défauts. Ça marche assez bien, en fait, parce que c’était assez agréable de lire ce roman, mais 670 pages de « assez agréable » alors qu’on a des centaines de livres qu’il nous tarde de lire dans notre PAL, c’est frustrant. Elle est loin cette plume pleine d’imagination et de surprise qui m’avait tant plu dans Uglies. C’est dommage parce que c’est tout de même un livre à lire, ne serait-ce que pour la partie Darcy et son réalisme qui m’a appris beaucoup de choses.

« Peut-être était le prix à payer quand on aimait quelqu’un : on perdait la limite entre ce que l’on écrit et où commençait l’autre. »

Tic-Tac-Toe

Publicités

10 réflexions sur “Les mondes d’après…

  1. J’ai lu ce livre la semaine dernière, persuadée tenir entre mes mains une petite merveille. Mais comme toi, j’ai été carrément déçue, l’histoire de Lizzie m’ennuyait, j’ai sauté quelques passages d’elle d’ailleurs. Et comme Yoko, Darcy m’énervait ! En fait, j’adore l’idée de base mais je trouve qu’elle a été mal exploitée, il y a des défauts dans les deux histoires, et pas assez de lien enter elles. C’est dommage, ç’aurait pu être un bouquin vraiment génial.

    Mais c’était quand même pas mal sinon^^

    J'aime

  2. Oh ! Il a l’ai vraiment bien 🙂 !
    Je vais voir sir je peux l’emprunter à la bibliothèque (mais j’ai un peu trop de lecture en retard en ce moment ^^) 😉

    J'aime

  3. J’ai commencé ce livre sans avoir réussi à le finir. Darcy m’énervait, entre autres parce qu’elle agit sur des coups de tête et compte dépenser tout l’argent que la vente des droits de son bouquin lui aura rapporté en un ou deux ans. Juste parce qu’un appartement lui parait plus propice à l’arrivée de l’inspiration. Personnellement c’est cette partie avec Darcy que j’ai trouvé, au début de ‘l’histoire, la plus clichée… Enfin j’essaierai de m’y remettre ! Et si tu dit que Uglies est mieux, j’essaierai de me le procurer parce que l’auteur à quand même une très belle écriture !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s