Un road-trip déjanté à dos de vélos et de fauteuil roulant

Les Petites Reines, de Clémentine Beauvais. Éditions Sarbacane, 1er avril 2015, 304 pages.

« Et quand on se rend compte de la magie d’un vélo, toutes ces choses qu’il est se mêlent à nous, et on sent à la fois l’air qui éclate sur son passage, la route dans toutes ses craquelures, les sursauts du plus infime de ses engrenages, et le sang à l’intérieur de nous, pompé à chaque coup de pédale. Et soudain, c’est un miracle d’amalgame, une seule et même chose, rapide et bouillonnante, et on est dans l’univers comme si on l’avait créé nous-mêmes. »

 

Un énorme merci aux éditions Sarbacane pour l’envoi de ce gros coup de cœur !

Quand j’ai vu ce livre chez Sarbacane ­– et il était partout, comme c’était une nouveauté – pendant mon stage, j’ai regardé sa couverture, lu son résumé, et je n’ai pas du tout eu envie de le lire. J’ai pensé que c’était trop enfant, trop lourd, pas mon type de livre.

Comme quoi, il ne faut jamais juger sur l’apparence.

Rentrer dans ce livre m’a fait l’effet de plonger dans une piscine en plein été : après la chaleur du soleil, on ressent une immense bouffée de fraicheur, qui fait qu’on en oublie tous nos soucis, la canicule, la transpiration, l’école, les autres. On oublie les autres et on rencontre ces nouveaux personnages, ces ados d’encre et de papier que Clémentine Beauvais arrive à faire vivre par la seule force de sa plume.

Il y a d’abord Mireille, la narratrice. Mireille, qui est habituée aux insultes, qui regarde son père de loin, sans que lui la connaisse. Mireille l’âme de poète, la grande gueule, l’indélicate, la grammar nazi. Mireille, qui, avec son ton plein d’humour et de sarcasme, d’impertinence et d’auto-dérision, va nous faire entrer dans son monde merveilleux.

Ensuite, il y a Hakima. Hakima, elle est plus jeune. Elle est naïve, elle est arabe, et elle n’est pas habituée à ce qu’on soit gentil avec elle.

Et puis il y a Astrid, l’étrange Astrid, qui passe son temps à jouer à des jeux de gestion et à écouter Indochine.

Ces trois filles ont en commun d’avoir été élues « boudins » de leur lycée. Elles ont toutes une raison qui les pousse à se rendre à Paris le 14 juillet, pour s’incruster à la garden-party de l’Élysée.

Alors elles le font.

À vélo, en vendant des boudins sur le chemin.

Et avec Kader. Kader le frère d’Hakima, Kader le Soleil, Kader qui a perdu ses jambes, Kader qui, de la seule force de ses bras, propulse son fauteuil roulant à la même vitesse que les vélos, sans jamais se plaindre, sans jamais ralentir.

Avec son style pétillant, plein d’humour mais également d’intelligence, de poésie, de surprise, d’impertinence, Clémentine Beauvais nous emporte. Elle nous emporte, secoue nos sentiments un bon coup, et nous laisse là, sur notre faim, sans savoir quoi penser.

Une ode à la vie et à l’acceptation des différences, mélange d’humour et de réflexion, bourré d’optimisme et de féminisme. Je retrouve bien là les caractéristiques des romans Exprim’, avec leur originalité légendaire qui ne cessera jamais de me surprendre. Sublime pépite à dévorer ; un immense coup de cœur pour ma part.

 

 

Tic-Tac-Toe

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7 réflexions sur “Un road-trip déjanté à dos de vélos et de fauteuil roulant

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