Tout semble possible la nuit quand le reste du monde est endormi

« Pourquoi l’univers ne serait-il pas né de l’un des objets les plus étonnants, bizarres, magiques de l’univers ? Un œuf. Un seul œuf ! Et si, cela est vrai d’une manière ou d’une autre, alors tout l’univers est comme un oiseau qui vole à travers le temps. Et chaque fois que lui même pond un œuf, un nouvel univers est créé. Ainsi, univers après univers, une nuée d’univers vole à travers le temps. »

Triple chronique de ce livre, sublime à l’unanimité.

Je m’appelle Mina, de David Almond. Gallimard Jeunesse, 12 janvier 2012, 320 pages.

-La Chameauteure-

Tant à dire et pourtant si rien… Je m’appelle Mina est assez indescriptible, comme un objet sans formes, avec des couleurs inconnues. Oui, voilà, des couleurs inconnues. Les couleurs d’un monde nouveau, empreint d’une grande, grande douceur.

Mina a neuf ans et vit seule avec sa mère. Simple, non ? Et pourtant, non, et si, mais non. Mina aime grimper dans son arbre, regarder ses voisins, penser à l’univers en regardant le ciel, imaginer que chaque œuf est un univers, imaginer que ses pas tracent des dessins. On ne peut pas décrire ce livre. C’est une vie comptée par fragments, des instants de vie, magiques, ceux d’une fillette qui vit loin de tout, et près de chacun, qui vous emmène dans son monde. La vérité brûle chacun de ses mots. Bordel, tout y est vrai ! Ce livre est une sublime vision du monde, délicate mais brute, voilée de douceur. Mina est comme une âme qui n’est pas à sa place dans le monde, et essaie de s’émerveiller de tout.

Il ne se passe pas vraiment quelque chose dans ce livre. Mais c’est comme un long poème, une longue ode à la vie, vue autrement que par l’œil de l’humain égoïste. Ce livre vous donne envie de tout lâcher, de partir dans un désert et vous guider avec le soleil.


-Tic-Tac-Toe-

J’ai voulu lire ce livre principalement pour son titre à rallonge (« Je m’appelle Mina et j’adore la nuit, tout semble possible la nuit quand le reste du monde est endormi ») parce que j’adore les titres à rallonge ; mais également parce que j’étais en quête de motivation pour écrire (et accessoirement, de livres). Et c’est vrai que ce livre m’en a donnée, de la motivation.

David Almond écrit l’histoire d’une jeune fille écrivant son histoire. Il joue avec les mots en la faisant elle-même jouer avec les mots. Et alors que Mina modèle ces animaux en argile comme elle aime tant le faire, lui modèle Mina, cette jeune fille à part, ses pensées, son passé. Et c’est ça, cette sorte de mise en abyme complexe et géniale, qui fait que ce livre est magnifique.

On entre dans ce livre comme on entre dans la mer, en sautant la tête la première du haut d’une falaise, sans savoir où l’on va atterrir et en gardant en tête qu’il y a un risque de se cogner sur un rocher et de ne jamais remonter. Tout au long du livre, on est en apnée, on retient sa respiration et on ouvre les yeux, même si ça nous fait mal, pour voir le plus de poissons possible, tout en ressentant cette étrange pression que l’on ressent lorsque l’on est totalement entouré de matière. Et puis on ressort, émerveillé par tout ce que l’on a vu, toute cette vie sous la surface invisible à l’œil nu, avec l’impression d’avoir compté et recompté toutes les étoiles dans le ciel des milliers de fois sans jamais se fatiguer.

Porté par cette écriture sublime et délicate propre à David Almond ­— que l’on oublie presque tant il est caché derrière Mina et son histoire qui semble si vraie —, ce livre nous fait aimer. Aimer la vie, aimer écrire, aimer réfléchir ; aimer, tout simplement.


-Violette-

Mes deux lectures de ce livre sont assez lointaines, mais je me souviens parfaitement de cette impression peu commune d’avoir découvert un petit trésor en lisant ce livre. « Je m’appelle Mina », c’est un univers à part, spécial, avec une héroïne tellement attachante que vous aurez l’impression de perdre une amie en refermant ce bouquin.

Vous allez suivre, le temps de 317 pages, la jeune Mina, poète incorrigible, amoureuse des mots, folle notable. Elle est scolarisée à la maison et n’a pas d’ami de son âge. Que fait-elle de ses journées, alors ? Elle monte dans son arbre, philosophie avec sa mère, écrit sa vie, et surtout, elle invente des façons d’écrire qu’elle nous fait partager. Je n’écrivais encore que très peu quand j’ai lu ce livre, et je peux vous dire que c’était une mine d’or pour moi ! Une dizaine d' »activités hors-piste » délicieusement poétiques parsèment les pages de ce livre, pour vous faire écrire, réfléchir, ou simplement rêver.

Dit comme ça, on dirait un cahier de vacances, mais c’en est bien loin : dans ce livre, tout semble couler de source, tout paraît naturel et spontané. C’est une part de ce qui fait la magie de ce livre, d’ailleurs, avec bien sûr la poésie omniprésente et cette façon de penser très particulière qu’a Mina.

« Je m’appelle Mina » est réservé aux grands amoureux des mots. Ils ne servent pas simplement à écrire l’histoire, ici ; c’est plutôt l’histoire qui sert de prétexte pour faire danser les mots… Et tout cela empreint d’une douceur et d’un charme remarquable.

À lire, absolument.


-Finalement, ce que l’on retient de ce livre-

• L’étrangeté est relative. Peu importe à quel point on est étrange, on se sentira toujours normal autour d’aussi étranges que soi. Mais parfois, n’est-il pas mieux de se sentir exceptionnel ?

• Rien n’est plus beau que la nature ! Regardez-la attentivement et vous vous en rendrez compte. Tout y est délicat, doux et dansant au gré du vent. C’est une source d’inspiration infinie.

• On ne passe pas assez de temps à réfléchir. On devrait plus souvent arrêter ce que l’on fait quelques secondes pour penser et développer sa pensée, sur n’importe quoi, même sur quelque chose d’insignifiant.

• Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des mots. Les mots sont vos amis, ils sont remèdes à tout, vous pouvez jouer avec eux autant qu’il vous plaît, sans qu’ils se plaignent une seule fois.

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Capture d’écran 2015-04-18 à 19.46.05Tic-Tac-Toe

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18 réflexions sur “Tout semble possible la nuit quand le reste du monde est endormi

  1. J’avais déjà entendu parler de ce livre, et avec vos trois belles chroniques plus que positives, ça me donne envie. Je vais essayer de me le procurer, en espérant qu’il me touche autant que vous 🙂

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  2. La chronique est géniale, c’est super de comparer plusieurs avis (qui, pour le coup, se ressemblent assez ^^) ! J’avoue ne jamais avoir été tentée par ce livre, et même maintenant, je ne sais pas si j’ai envie de le lire. Mais bon, je ne perds rien à essayer. 🙂

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    • Merci ! Oui, bin, difficile d’avoir des avis différents sur un livre qu’on a adoré toutes autant ^^ C’est pas long et c’est un petit bijou, je t’encourage à essayer 😉

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  3. J’avais commencé à le lire, il y a un an à peu près, mais, je n’avais pas aimé, et arrêtée ma lecture… Je n’avais peut-être pas envie de lire à ce moment… je ne sais pas…
    En tous cas, votre chronique me donne très envie de le lire (relire)!! 🙂

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