Trois petits bouts d’Exprim’

Exprim’ est une magnifique collection des magnifiques éditions Sarbacane, où je pars faire mon stage dès demain (!). Alors voilà, pour l’occasion, et pour la première chronique du blog, j’ai prélevé un échantillon de trois livres plus ou moins représentatifs de cette sublime collection, que je vais vous présenter ici.

Indomptables, de Philippe Arnaud. Éditions Sarbacane, 3 septembre 2014, 200 pages. 

J’ai acheté ce livre sans vraie envie de le lire, et sans savoir du tout à quoi m’attendre. Pourquoi je l’ai acheté ? Parce que je me suis dit qu’il fallait bien que j’essaie ce type de livres un jour, et parce que je savais qu’à défaut d’une lecture agréable, ce livre serait bien. Le genre de livres que tu es obligée de lire même si ce n’est pas ton style, parce que tu sais que c’est un bon livre et que tu aimeras.

Donc voilà, je l’ai commencé. Et je dois dire que, alors que je m’attendais à une intrigue plutôt simple dans la partie « Cameroun » de Jean-Jules, j’ai été très surprise. Cette partie du livre était plutôt un mélange de plein de choses, l’amitié, la pauvreté et le travail des enfants, les conflits de religions, les pères violents… Le tout abordé avec le ton naïf et simple de Jean-Jules, un jeune Camerounais. J’aurais peut-être aimé une narration un peu plus interne, car le tout est un peu « extérieur » et on a du mal à rentrer dans le personnage et dans ses pensées. Néanmoins son récit est très touchant, emplis de ces valeurs camerounaises très différentes. C’est vraiment un récit à « ciel ouvert », une belle immersion dans ce monde inconnu et lointain.

Une autre voix vient se joindre à celle de Jean-Jules, s’intercalant entre son récit. Celle d’Olivia, radicalement différente, car c’est une jeune fille Française. Olivia n’est pas du tout naïve, elle voit la vie en noir. En guerre contre tout le monde, elle écrit pour essayer de contenir cette rage qui bouillonne en elle.

J’ai beaucoup aimé le contraste violent entre ces deux voix, ces deux mondes et ces deux visions de voir le monde. J’ai été un peu déçue par la petite proportion de partie « Olivia », parce que j’ai trouvé cette jeune fille vraiment intéressante. On la voit évoluer par à-coups, il y a parfois plusieurs années entre ses différentes lettres, ce journal qu’elle écrit. Des fragments de sa vie viennent ponctuer celle de Jean-Jules, et pendant tout le livre on se demande dans quelles circonstances et quand ils vont enfin se rencontrer. Car ce n’est pas évident avant la fin, et cette recherche ajoute une corde de mystère au livre.

Un joli livre que j’ai dévoré en une journée, simple et complexe à la fois, très intéressant 🙂


Vers le bleu, de Sabrina Bensalah. Éditions Sarbacane, 1er octobre 2014, 200 pages.

J’avoue qu’en achetant ce livre je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, vu la 4ème de couverture assez mystérieuse. Bon, ça commence avec l’histoire assez clichée de la jeune fille de 18 ans coincée dans une maison trop petite entre une petite sœur dont il faut s’occuper et une mère irresponsable.

Mais en fait, on se rend compte que cette histoire clichée n’est pas si clichée que ça ; ou plutôt, on n’ose pas le dire, on n’ose pas le penser parce que ça paraît tellement vrai, et ça l’est, ça existe. L’auteure aborde ce sujet avec tellement de fraîcheur et de franchise, sans rien omettre, qu’on dirait que c’est du vécu — et ça l’est peut-être. Ce livre est loin de la subtilité et des non-dits du Monde de Charlie, de la touchante insouciance d’Indomptables. Il est direct, spontané, vrai.

Porté par une écriture qui peut paraître simple mais qui est en réalité pleine d’images et de poésie, ce roman nous fait découvrir la vie, mais simplement, tout en douceur. Les personnages qui gravitent autour de Nel sont touchants, Noush, sa petite sœur loufoque qui rêve de devenir Mini-Miss Camping, Emilien, le garçon ténébreux et distant, Andreï, qui lui offre un travail. On entre dans ce tourbillon qu’est la vie de Nel, cette vie si différente de la nôtre, et on ne veut pas en sortir.

Et puis cette fin sublime, inattendue, mais pourtant on sent que c’est la seule fin possible, porteuse d’espoir. Un livre empli de poésie et de vérité, tout simplement magnifique.


Le Monde de Charlie, de Stephen Chbosky. Éditions Sarbacane, 21 novembre 2012, 256 pages.

Le Monde de Charlie est un roman assez à part dans la collection Exprim’ car c’est l’un des seuls, voire le seul roman pas français. De ce point de vue là, il est intéressant à lire, pour comprendre que lui vaut une place dans cette collection malgré cette différence.

Et c’est vrai que je l’ai trouvé très différent des deux autres romans, peut-être à cause de son origine, mais pas seulement. Il a quelque chose de plus mature, de plus compliqué. Charlie écrit des lettres – à qui, on ne sait pas ; peut-être à lui-même – où il raconte son histoire. Alors qu’il rencontre peu à peu de nombreux personnages, un professeur, des amis, touchants, hauts en couleur, il reste toujours solitaire, incompris. Charlie est un personnage incroyablement complexe et touchant, un garçon fermé qui va peu à peu s’ouvrir au fil de ses lettres.

Mais il reste tout de même des choses qu’il ne peut pas dire, des non-dits qui se glissent entre les lignes, des non-dits qui nous touchent, qui nous mettent les larmes aux yeux. Il faut s’accrocher pour les saisir, ces non-dits, et c’est ça que j’ai aimé par rapport aux deux autres livres, qui sont touchants, mais simples, parfois trop simple. Le Monde de Charlie est un roman merveilleux, le témoignage émouvant d’un lycéen spécial au passé difficile. Par rapport à son adaptation cinématographique, que j’ai adoré, c’est tout aussi poignant mais vraiment différent, donc à ne pas rater, même si vous avez vu le film.


Trois magnifiques livres, et j’ai hâte de découvrir les autres romans ce cette collection pendant mon stage, dont je vous ferai un compte rendu détaillé ^^ Livresquement vôtre,

Tic-Tac-Toe

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9 réflexions sur “Trois petits bouts d’Exprim’

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